La genèse d’une marque – Pont des Arts – 4 années de préparation…

Suite et fin de l’interview de Géraldine et Bernard, centrée sur la genèse de la marque…

Q. Que s’est-il passé ces quatre dernières années, avant le lancement ?

R. Énormément de choses ! Nous avons travaillé à deux mais avec plus d’une quarantaine de personnes, citées en prénom dans le site (voir dans ce lien), titulaires de savoir-faire uniques… Dans certains cas, nous avons consulté plusieurs entreprises ou personnes avant de choisir celle avec laquelle nous souhaitions collaborer, avec cette exigence qui nous guide.

Q. Comment avez-vous fait le choix final des jus?

R. Nous avons choisi nous-mêmes, bien sûr…

Mais en échangeant et partageant beaucoup avec notre entourage : ce qu’on a fait à l’Isipca avec toi, hélas rapidement, nous l’avons reproduit avec différentes relations (amis, réseau,  …) ; on a fait sentir, on a fait s’exprimer des groupes de personnes sur leur ressenti, préférence… On a vu des tendances ressortir, des parfums choisis, des réactions unanimes, dont ces 3 premiers qui ont suscité le plus de réactions enthousiastes et complémentaires pour des typologies de gens parfois différentes (Age, milieu…) (NDLR : je me rappelle qu’en effet le prototype de « A ce soir » avait fait un tabac lors de notre séance de sniff)

On a aussi travaillé avec nos parfumeurs : on a fait travailler sur un même parfum plusieurs versions parce que le sillage nous intéressait mais était trop marqué (par exemple, on a eu 3 versions pour un Oud),  et d’autres se sont imposées directement de par leur originalité (A chaque instant par exemple), d’autres ont été retravaillés parce que trop segmentants (trop originaux). Nous souhaitons des parfums d’aujourd’hui et de demain, originaux et élégants, mais pas des parfums pour être dans la caricature de jus puissants typés « très orientaux ». Disons que nos parfums correspondent à une création vue de l’occident avec la personnalité et la signature singulière de nos parfumeurs.

Q. Et pour le choix des noms ?

R. À l’origine il y a déjà des noms de code… Ainsi, « A ce soir » avait pour nom de code « ODV28 » – ODV pour Or de Vanille (NDLR : j’adore ce nom !). D’ailleurs, Bertrand parle de « Boule d’Or » pour le définir…

Après, les noms commerciaux des parfums ont été choisis par rapport au concept du Pont des Arts : la rencontre (pont), l’échange, l’amour (pont des amours), le lien (double esperluette), Paris , intemporalité, durée des sentiments … Nous pouvons par ces trois premiers noms de  fragrance faire une phrase « on s’était dit à chaque instant à ce soir… » ! Nous passons beaucoup de temps à nous arrêter sur des mots et nous demander si tel ou tel mot peut correspondre à notre concept. Dès lors on le dépose mais parfois il est déjà déposé !

Q. Et autour des jus ? Quelles sont les choses à faire ?

R. La création, le design et la réalisation du capot nous a semblé essentiel : nous avons choisi une pièce en zamak (NDLR : c’est un alliage métallique, qui a un rendu lourd et qualitatif), de 56 grammes, et ajouté 3 déclinaisons personnalisées : or jaune mat, or rose brillant et nickel mat.
Nous avons voulu un flacon sérigraphié, réalisé par une Entreprise du Patrimoine Vivant.

plan serigraphie 50 ML

Nous avons aussi souhaité et fait développer un coffret livre, parce que chaque parfum raconte une histoire… Il est entièrement réalisé en France, c’est une volonté de notre part, beaucoup de packagings viennent de Chine maintenant…

Coffret livre

Pour le design, nous avons travaillé en partenariat avec Rozenn Mainguené qui a été formée à l’école Boulle.

Q. Parlez-nous de la commercialisation…

R. Nous avons créé et fait réaliser une malle concept : la Parfumalle, écrin de nos parfums mise à disposition dans des lieux d’exception, réalisé également par une Entreprise du Patrimoine Vivant, toute en cuir, marquetée en laiton doré, verres biseautés, connectée et digitalisée pour être à elle seule une boutique autonome.

parfumalle

Egalement, nous avons créé le site (français/anglais) qui est la carte de visite, l’ambiance et la signature de la marque, on y dévoile toutes les étapes de création au travers de photos du making of, l’image du pont des Arts, de Paris et de l’élégance qu’elle incarne, des parfums de tradition mais aussi modernes au travers de fragrances uniques et d’un design stylisé, art déco, luxueux et discret sans être ostentatoire.
Nous avons fait appel à un photographe professionnel, Olivier, pour les produits et les lieux… : flacons, coffret, parfumeurs, et Géraldine a également fait des photos, notamment celles du Paris de Pont des Arts.

Q. On a fait le tour, non ?

R. Pas du tout ! Il y a encore beaucoup de choses…

Choisir d’un conditionneur à façon dans la Cosmétic Valley de Chartres ;
Évaluer les parfums, vérifier leur conformité à la réglementation Européenne ;
Réaliser les échantillons emblèmes de la marque ;
Marketing, études, sondages, stratégies de positionnement ;
Rechercher des partenariats ciblés ;
Prospecter les distributeurs et partenaires ;
Communication : réaliser le Dossier de presse, prendre contact avec les journalistes, les bloggeurs comme toi ! D’ailleurs, A ce soir fait partie de la nouvelle box de Auparfum
S’occuper des premiers passages Presse ;
Animer les Réseaux sociaux…

L’aventure ne fait que commencer…

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La genèse d’une marque – Pont des Arts – L’interview

Voici donc aujourd’hui une interview des créateurs de Pont de Arts, Géraldine et Bernard.géraldine & bernard

Q. Comment vous est venue l’idée de la marque Pont des Arts ?

R. L’intérêt commun pour les parfums de création, qui valorisent la haute parfumerie française et son lieu mythique d’excellence…Paris.
Le Pont des Arts, seule passerelle piétonne de Paris, s’est vite imposé, par sa situation, sa discrète mais puissante beauté, c’est un lieu de passage des amoureux du monde entier, reliant deux symboles de la culture de notre pays …le Louvre…et l’Académie française.
Comme la parfumerie française, le Pont des Arts avait, pour nous, besoin d’être valorisé, montré à nouveau…
Pour nous, un parfum est aussi, comme le regard, un pont entre les êtres…avec l’idée de construire entre eux plus de ponts que de murs.

Q. Parlez-moi de vos envies au commencement. Que vouliez-vous faire ?

R. D’abord porter certaines valeurs à travers cette marque: la tradition, la modernité, l’élégance, le savoir-faire, l’innovation, la connivence, le partage, l’exigence.

Nous souhaitons associer à la création d’une nouvelle ligne de parfums originaux, en édition limitée, la beauté du Paris éternel, le talent des parfumeurs « créateurs », la valorisation du savoir-faire d’artisans et d’innovateurs français, pour une clientèle exigeante, connaisseuse, partageant les valeurs d’élégance de la marque.

Et à partir de ça, construire un projet commun qui nous ressemble, atypique, autour d’une histoire commencée au quartier latin et qui nous a souvent conduit, comme beaucoup, sur le pont des arts.
Le lieu, le concept…nous obligeaient à la qualité et l’image…

Bernard :

Le jour de notre mariage, j’ai fait le vœu de nous embrasser sur tous les ponts de Paris. Né à Paris, j’ai la chance d’y vivre et d’y travailler… et je salue et apprécie au quotidien la beauté et l’éternité de cette ville, ancrée dans le passé mais aussi très actuelle, foisonnante de création. Et puis l’idée de réaliser et de partager quelque chose de plus avec Géraldine… était une puissante force motrice.

Géraldine :

Il y a beaucoup de lieux pour le parfum…le traitement des ingrédients à Grasse…les cultures dans de nombreux et merveilleux et lointains pays…mais la création et le prestige c’est Paris. J’aime cette ville où je me sens bien, où j’ai eu la chance d’y rencontrer Bernard à quelques pas du Pont des Arts. Nous avons beaucoup de goûts en commun et sommes très complémentaires…La création de cette ligne de parfums a confirmé celui que nous avons pour l’exigence et l’appropriation des savoir faire.

Q. Pourquoi avez-vous décidé de positionner vos parfums dans ce qui est clairement le haut de la gamme de niche ?

C’est clairement lié à la qualité, au prestige, nous avons choisi de travailler avec des experts dans chaque étape de la création (Entreprises du Patrimoine Vivant, Made in France…) en privilégiant la création : capot, packaging, site, déclinaison d’un style sur l’ensemble du projet…
Mais également lié au coût de nos produits : choix de parfumeurs créateurs indépendants de renom, choix de concentrés avec des matières premières de haute qualité, souvent absolus, libre cours de nos parfumeurs sans contraintes marketing… On est très loin d’un mass market, avec des concentrés standards, des capots en plastique et des grandes séries.
Au contraire, Pont des Arts se veut un choix singulier, un parti pris qui valorise l’exception et souhaite la faire partager.
Le coût de l’environnement produit est aussi un facteur : design et réalisation du capot , design et réalisation packaging Livre – coffret en France, …
Enfin, les coûts de commercialisation, en distribution sélective notamment, sont loin d’être négligeables.

Q. Racontez-nous l’histoire des jus…

R. Nous avons travaillé le ciblage et les fragrances avec des « Nez » de renom international : Bertrand Duchaufour et Vincent Grandjon, et aussi l’équipe du studio Flair. Avec eux, à partir de notre brief, nous avons créé nos propres fragrances.
Pour l’élaboration des gammes, 60 fragrances ont été travaillées, et nous en avons retenu 20. En 2018, nous commercialisons les 3 premières, de Bertrand Duchaufour et Vincent Grandjon.

essais PDA

Q. Comment avez-vous guidé les parfumeurs ?

Nous avons exprimé le concept à nos parfumeurs (Paris, l’élégance, l’amour, les sentiments durables, la qualité des matières , la tenue, l’exigence, la haute parfumerie…)

Vincent nous a proposé des jus qui se parlent entre eux. Comme un fil d’Ariane, on retrouve dans On s’était dit un pourcentage infime d’une autre composition parfumée …

Pour Bertrand, nous lui avons demandé des parfums avec une vraie signature mais nous l’avons guidé par des envies des matières premières que nous souhaitions un oud, un vétiver, une rose, un osmanthus, un boisé, une vanille, frangipanier… mais sans contrainte marketing, juste guidé par des directions de familles olfactives pour constituer une gamme cohérente.

À suivre…

 

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La genèse d’une marque – Pont des Arts – Introduction

C’est une série d’articles un peu spéciale que je commence ici. Je vous propose de découvrir avec moi la naissance de la création d’une marque de parfum très récente : Pont des Arts.

capot

La raison en est assez simple. Il y a presque 3 ans, déjà, j’ai suivi l’université d’été de l’ISIPCA (bon, ça m’a coûté des sous, mais c’était 2 semaines de pur bonheur). J’y ai croisé des gens très intéressants, des amateurs avertis, des gens qui étaient en reconversion, des pros dans des métiers proches… et Géraldine, qui avait déjà commencé sa démarche pour créer sa marque de parfums avec son mari.

Géraldine nous avait fait partager les prémices de Pont des Arts, fait sentir des essais qui avaient déjà été réalisés avec des nez (notamment, deux de ceux qui ont été retenus dans les 3 premières sorties), et montré quelques autres étapes de la création. Par exemple, l’idée de la création et du design des capots, les études industrielles qui partent du dessin en vue de la réalisation en série, le choix des flacons, de la sérigraphie, ou encore le travail fait sur les visuels : le double symbole & inversé comme logo, par exemple, était déjà décidé, ainsi que les boites en forme de livre. Il y avait aussi, préalablement, dans l’idée du concept et de sa déclinaison, le dépôt des marques, des noms de fragrances…des modèles, des dessins… Finalement, beaucoup d’étapes qu’on n’imagine pas forcément quand on achète le produit fini !

Du coup, quand Géraldine m’a proposé de raconter tout ça plus en détail sur le blog, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser, et nous y voilà.

Il y aura 3 articles (au moins !). 2 seront consacrés à une grande interview de Géraldine et Bernard, les créateurs de la marque, à propos de la genèse du projet, de leur envie de création, et des choix qu’ils ont faits. L’autre sera davantage un jeu d’imagination autour des parfums : on a un nom, on a un jus, l’idée est d’imaginer l’histoire autour de chacun de ces parfums, les personnalités qui les portent, peut-être l’histoire d’une rencontre, comme celle de Géraldine & Bernard, sur le Pont des Arts ? ;), car la marque est dédiée aux amoureux. Je vous propose de vous joindre à nous pour cet article, si vous avez envie, vous aussi, d’imaginer cette histoire et de la partager sur ce blog, faites-moi un petit coucou en commentaire, et je tirerai au sort, dans une semaine, 3 personnes qui recevront les échantillons de la marque (et qui devront donc, en retour, m’envoyer quelques lignes à propos de ces jus, de leur émotion, de la rencontre, y compris intérieure, qu’ils évoquent pour elles).

Pour visiter le site : https://www.pontdesartsparis.fr/

La suite de l’histoire de Pont des Arts :

 

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[Souvenirs souvenirs] Jardins de Bagatelle – Guerlain

L’autre jour, je sniffais dans une parfumerie Jardins de Bagatelle, de Guerlain, et je me suis retrouvée propulsée 20 ans en arrière (allez, peut-être un chouia davantage).

Jardins de Bagatelle fait partie de mes émotions adolescentes qui ont contribué à forger mon amour des parfums. J’ai d’habitude une mémoire qui évolue entre l’huître et le poisson rouge, mais le souvenir qui se raccroche à ce parfum est étonnamment clair pour moi. Enfin, étonnamment, les spécialistes de l’olfaction ne s’en étonneraient pas tant que ça, car l’olfaction est reconnue comme un sens vecteur de mémoire.

Donc, je vous raconte, hein, je suis là pour ça. Ado, j’avais commencé à m’intéresser aux parfums, donc, et en bonne ado, j’étais un poil monomaniaque sur le sujet. J’avais écrit aux marques qui m’intéressaient pour demander des échantillons car c’était (déjà !) difficile d’en avoir dans les parfumeries (je chérissais ma première miniature, Diva de Ungaro). Guerlain fait partie des marques qui m’avaient gentiment répondu (Hermès, Lutens, avaient aussi été très généreux !). Ils m’avaient envoyé un « Panorama des parfums » avec les notes de tout ce qui était commercialisé à l’époque, et un volume d’échantillons assez princier (dont des parfums de toilette que j’ai encore à la maison…). Mon a priori sur Guerlain était donc très positif.

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« Panorama des parfums » envoyé par la marque vers 1996 – photo perso

On avait fait une journée de visite de Toulouse avec mes parents (mes grands-parents habitaient pas très loin). On est tombés, par hasard, sur la boutique Guerlain qui existait en ce temps-là à Toulouse (elle a fermé depuis !). Déjà séduite par la marque, j’ai voulu entrer. Papa a attendu dehors :), Maman et moi avons passé en revue à peu près tous les parfums vendus. Et là, la révélation. Je ne crois pas que je l’avais senti avant, j’avais pas dû ouvrir tous les tubes échantillons. J’ai tanné ma mère pour qu’elle le prenne pour elle, car je me souviens que je le trouvais trop « femme » pour moi. Mais ma maman est davantage rose que fleurs blanches, elle était pas aussi emballée que moi.

Jardins de Bagatelle est pour moi un archétype de fleurs blanches. Crémeux, lumineux, chaleureux, et avec ce petit supplément d’âme qui fait qu’on le reconnaît entre tous les autres. Un parfum de maman, suave et doux, un peu opulent quand même, bref, un parfum de femme affirmée.

jardins de bagatelle pub

Une ancienne pub – photo perso

Je l’aurais adopté malgré mon jeune âge, parce que je l’aimais d’amour (sans rire, j’avais -et j’ai encore- un petit pincement au cœur en le sentant qui tient franchement du sentiment amoureux !). Mais le drame, c’est que sur moi, il s’aigrit, la suavité devient piquante, et sa magie, sa perfection, disparaît. Je l’ai gardé dans un coin de mon cœur depuis lors, malgré tout. Le sentir me procure toujours la même émotion, un peu atténuée par le temps. Quand j’ai su que j’étais enceinte, je me suis précipitée dessus, avec cette croyance répandue que le pH de la peau se modifie en de telles circonstances et qu’il m’irait mieux. Rien à faire, même après l’accouchement.

Je vous entends déjà me dire de le porter sur les vêtements, et vous avez certainement raison, mais je suis de celles qui préfèrent porter les parfums sur la peau. La distance induite par les vêtements ne me convient pas, pour moi le parfum c’est quelque chose de charnel…

Ma quête du parfum parfait aux fleurs blanches a souvent buté sur le même obstacle, cette suavité qui laisse place à une certaine aigreur (ou devient trop doucereux et écœurant, ce qui n’est pas le cas de Jardins de Bagatelle). Et puis, soyons réalistes, aucun ne lui arrive à la cheville (amoureuse, je vous disais…). Il s’est adouci dernièrement (une reformulation peut-être ?), ou bien je deviens moins sensible à cet écart de notes sur la peau… Un jour, je l’adopterai… Peut-être…

  • Marque : Guerlain
  • Nez : Jean-Paul Guerlain – c’est un de ses derniers…
  • Date de sortie : 1983
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Le Havre

Chaque fois que je reviens au Havre, ma ville natale, ma première impression est olfactive.

LH jour

Vue du bassin du commerce, photo Franck Barre

De mémoire, cette ville a toujours eu une odeur. Elle s’est atténuée au fil du temps, en témoignent ces suivis olfactifs par l’association Air Normand (j’ai participé au dernier d’entre eux, je vous en reparlerai à l’occasion…). Mais elle reste le symbole d’une industrie présente.

Si vous voulez vous faire une idée de l’odeur habituelle de la zone portuaire, je vous propose la manip suivante :

  • Faites-moi griller un bout de pain dans votre grille-pain. Regrillez-le jusqu’à ce qu’il soit un peu noir 🙂
  • Maintenant, ouvrez une gousse d’ail, frottez-la sur votre pain carbonisé, et sniffez-moi tout ça…

(Je précise, c’est une expérience de pensée, je n’ai pas fait la manip, moi. J’imagine juste ce que ça sent)

Toujours là ? C’est bien ! Il y a là les 2 composantes essentielles de ce que les Havrais appellent « l’odeur de pollution » (j’y reviendrai). D’une, l’aspect brûlé, grillé. Si vous voulez faire savant en société, parlez de « pyrogéné » ou de « pyraziné ». De deux, l’aspect soufré qui vient de l’ail (si on se rencontre un jour, faites-moi penser à vous amener du DADS, c’est épatant ce que cette molécule sent l’ail).

Quelquefois, la tonalité change un peu, en se concentrant davantage sur l’aspect brûlé, quand les brûleries de café sont sous les vents dominants. Rares sont les gens qui détestent cette odeur, bizarrement. Moi j’adore. Ça sent le café cramé, en toute logique.

LH raffinerie

Et puis désolée, une raffinerie de nuit, je trouve ça beau. Photo Luc Poupard

C’est l’occasion de parler un peu pollution, justement. Dans ma carrière, j’ai fait partie des « méchants pollueurs » puisque j’étais en charge de l’environnement dans l’une des entreprises qui émettait des odeurs (je vous en reparlerai). Ce qui m’a donné l’occasion de côtoyer un certain nombre d’experts en qualité de l’air. Je voudrais donc parler d’un certain nombre de croyances… :

  • C’est pas parce qu’un truc pue qu’il est forcément dangereux pour la santé. Vous n’avez aucun doute sur la dangerosité pour vos poumons du camembert que vous venez de déguster, si ?
  • Inversement, c’est pas parce qu’on ne sent rien que c’est pas dangereux. Vous savez sûrement que le gaz de ville ne sent rien en soi, mais qu’on lui ajoute une molécule fortement odorante, justement, pour prévenir du danger si il y a une fuite. En l’occurrence,  la molécule en question (tétrahydrothiophène) est méchamment soufrée, raison pour laquelle beaucoup de gens associent soufre et danger.
  • Enfin, les niveaux d’émissions des entreprises diminuent. Si, si. Vraiment. C’est énorme, pour avoir vu les chiffres. Mieux, les molécules encore émises sont bien moins nocives qu’avant. Toutes les émissions dangereuses sont sévèrement réglementées, et je sais qu’au moins sur la zone portuaire du Havre, les directeurs des raffineries ont à cœur de respecter leurs obligations à ce propos. Je les comprends : ils veulent préserver leur activité, et je trouve ça louable, car ça préserve aussi des emplois.

J’ai dérivé un peu loin des parfums, je m’en excuse…

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Du poivre à l’état pur ? Blackpepper de Comme des Garçons

Je parlais de Blanche il y a peu,  maintenant je vais vous parler de Noir. Enfin, de Poivre Noir.

J’ai reçu l’échantillon un peu par hasard, je l’ai testé un peu par hasard, je ne connaissais pas vraiment la marque. J’ai adoré.

Le départ pourrait presque faire éternuer, tant le poivre noir vous saute à la gueule à la vaporisation. Probablement accompagné d’aldéhydes et d’autres notes qui piquent, il présente une radicalité assumée, détonnante, et plutôt amusante, en fait !

Too much ce poivre ? On pourrait le croire, avec cette ouverture, mais passées les 5 premières minutes, il s’adoucit à vitesse grand V. Le piquant du poivre se révèle simplement pointu, soutenu par d’autres épices fraîches ; une note doucement florale s’intègre et se déploie au cœur de la fragrance, et des bois secs, légers, aériens, la soutiennent pour éviter de tomber complètement dans la fleur. Enfin, la douceur vient également d’une grosse boule de muscs qui enveloppe le tout.

Lien vers le mini site Comme des Garçons. (vous pouvez y demander un échantillon)

  • Marque : Comme des Garçons
  • Nez : Antoine Maisondieu
  • Date de sortie : 2016
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Archétypes

Un petit mot pour quelques excuses, d’abord, pour mes lecteurs fidèles… Les mois passent et je n’écris pas. La faute à un nouveau boutlot, très prenant et très satisfaisant intellectuellement, mais qui ne me laisse pas beaucoup de temps libre pour mes divagations et explorations parfumées. Sorry, sorry…

Mes errances aujourd’hui, comme souvent, m’attirent plus vers les jeux vidéos, ces extra-mondes si faciles à atteindre, évasions instantannées vers d’autres univers, qui paraissent quelquefois plus reposants que la vraie vie (au moins, le zombie qui t’attaque est un ennemi facile à identifier, et à terrasser… plus difficile de désactiver un cheffaillon seulement préoccupé par son avancement perso – chef, si tu me lis, je parle pas de toi :D).

Aujourd’hui ma main s’est portée vers un parfum que je ne mets plus que rarement, que j’adore pourtant, mais qui me correspond assez peu, en fait. Certains savent mon attirance / répulsion pour les fleurs blanches, ces capiteuses qui sont si femme que je ne les ose que rarement.

Le lien, me direz-vous, entre ces deux univers ?

C’est l’archétype. La personna fantasmée que j’incarne dans les jeux vidéo. Je peux y être tout ce que je ne suis pas : mate de peau, blonde, pourvue d’avantages généreux, pas frileuse… Cette personna, sans conteste, porte Mayotte, de Guerlain 🙂

 

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