Brasier. Le Fir Balsam.

brasier

Pour une fois, c’est une photo, celle ci-dessus (issue du génial site Unsplash), qui a fait tilt chez moi et m’a donné envie de parler d’une matière première que j’apprécie, le fir balsam.

Le fir balsam est une matière première naturelle qui n’est pas revendiquée de manière courante dans les parfums, pour deux raisons à mon avis. D’une, le nom n’est pas clair, il ne parle pas immédiatement au commun des mortels. De deux, la distillation à sec, ou par solvant, d’aiguilles de sapin baumier – car c’est de cela qu’il s’agit – ne fait rêver personne et ne fait pas forcément très « luxe ».

Dommage. Il n’y a pas forcément besoin d’aller chercher une fleur ou un bois rare à l’autre bout du monde pour trouver une belle odeur. En l’occurrence, le fir balsam me séduit, car je lui trouve une odeur curieusement familière, mais très facettée. C’est la richesse du produit naturel.

C’est bien sûr une odeur baumée mais très résineuse. Les aiguilles de pin sont là et bien là, on ne peut pas les louper… A l’ouverture, on a un aspect camphré, presque médicamenteux, le cataplasme qu’on se met sur la poitrine pour mieux respirer ; mais cet aspect reste contrebalancé par une rondeur douce, les aiguilles ne piquent pas, bizarrement. C’est aussi une odeur de feu qui se déploie ensuite, de cramé, ce brasier qui illustre l’article. Les aiguilles du sapin se racornissent, se caramélisent et curieusement, me font un effet très maltol, barbapapa, un rien fraise, bizarrement, la fraise qui se « compote » un peu dans un dessert. Pas vraiment facile d’expliquer sans le sentir comment on passe d’une évocation d’aiguilles de pin à une évocation de fraise… Il faut passer par le côté résineux de l’aiguille de pin, qui colle aux doigts, dévier vers un aspect caramélisé, plutôt, entre le caramel et la vanille, rajouter un rien de floral qu’on retrouve dans la sève du sapin, et là vous avez dévié vers cette drôle d’odeur que j’appelle fraise… L’ambiance « sapin de Noël » qu’apporte l’odeur d’aiguille de pin n’est peut-être pas pour rien dans l’évocation de dessert sucré.

Quelques parfums remarquables où cette note me semble lisible (source : Olfathèque) : Fille en Aiguilles de Lutens, Larmes du Désert d’Atelier des Ors, dont je parlerai bientôt, Wazamba de Parfum d’Empire, Bel Ami Vétiver d’Hermès, Fou d’Absinthe de l’Artisan Parfumeur, mais aussi Rose Anonyme d’Atelier Cologne. De belles références, non ?

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A propos Carole

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