Odeurs croisées : Nuits Indiennes / Manoa

Autrefois, quand on me demandait ce que j’aimais comme genre de parfum, je répondais invariablement « les orientaux ». Mais, pour dire une phrase à la mode : ça, c’était avant.

Revenons néanmoins à mes premières amours… Enfin, pour être vraiment exacte, Nuits Indiennes fut mon deuxième amour, après Cabotine, de Grès (déjà, à l’époque, j’avais pas peur des changements radicaux). Il partage avec ce dernier une caractéristique très rare maintenant : j’en ai fini un flacon et je l’ai racheté.

Mon choix de ce parfum remonte tellement loin que je ne saurais pas vraiment le dater, mais je dirais que c’est mes années lycée. En tous cas je n’étais pas majeure, et je me souviens comme si c’était hier de la réaction de maman « C’est pas un peu trop capiteux pour ton âge ? » Et celle de la vendeuse qui ne doutait de rien « Non non, il est souvent choisi par des jeunes filles celui-là » (réponse qui a failli m’y faire renoncer 😀 parce j’avais déjà mon esprit de contradiction, aussi, on se refait pas, hein).

Je dois aussi reconnaitre que j’étais fort influençable à l’époque et que l’iconographie délicieuse, à la Klimt, de la pub m’avait tapé dans l’œil :

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Manoa, lui, c’est dans le nez qu’il m’a tapé, mais, et je ne m’en suis rendu compte que récemment, c’est parce que la 1ère seconde de l’ouverture, c’est Nuits Indiennes. L’instant est fugace, très fugace, mais il m’a (enfin) sauté au nez la dernière fois que je l’ai testé. De l’influence du choix instinctif, celui qui est valorisé par les marketeux aujourd’hui, des quelques secondes de l’ouverture (dont il faut reconnaitre qu’elle sont de plus en plus soignées, enfin, c’est mon avis). Donc j’ai été séduite par un parfum, sans m’en rendre compte pendant quelques mois, simplement parce qu’il me rappelait, un instant, un parfum déjà porté. Je trouve ça assez fort 🙂

Voilà pour la raison de l’odeur croisée du jour. Parce que, question odeur, la suite diverge assez rapidement.

Nuits indiennes a un côté très capiteux, immédiatement reconnaissable (pour moi !), très oriental plutôt qu’indien. J’ai jamais compris la référence à l’Inde, dans ce parfum. Pour moi c’était plutôt les Mille et une nuits… Mais aussi un côté fleuri et un fond râpeux qui doit venir d’un patchouli utilisé pour structurer le tout. Il est finalement un peu daté (les fleurs remplaçaient le sucre, à l’époque de la sortie de Nuits Indiennes ; et Angel, sorti deux ans plus tôt, faisait encore un peu figure d’ovni…), dans le sens où il y a plein de choses dans ce parfum, un côté un peu fruité, des fleurs, de l’ambre… Il n’est pas brouillon pour autant, il a une signature bien à lui, mais aussi un aspect entêtant qui m’a toujours un peu dérangée. Il faut dire que dans mes parfums ce doit être l’un des moins discrets. Ceci dit et c’est bizarre, j’ai mis la main sur quelques gouttes de l’extrait récemment, et ce côté un peu « too much » qui me dérangeait dans l’eau de toilette, est comme gommé dans l’extrait, pourtant censé être plus fort. Il faut croire que l’équilibre des notes me convient mieux. En fait, l’extrait se rapproche très fort de la miniature que j’avais reçue avec l’achat du premier parfum, miniature qui s’était rapidement « madérisée » et dont j’adore toujours l’odeur, parfaite à mon nez.

Manoa ne s’encombre pas des fioritures fleuries, elle (lui ?). C’est un ambre, rien qu’un ambre, radical dans le sens que je donnais précédemment à Amber absolute, mais éminemment plus portable que ce dernier. Pourquoi ? Probablement parce que quand Amber Absolute se vautre littéralement dans le labdanum, qui n’est pas une matière première attirante au premier abord, loin s’en faut, Manoa nous propose une composition de résines un peu plus « faciles » à aimer, réminiscences de fumée, et de chocolat noir et de caramel, mais avec ce juste dosage de sucre (entendez chez moi : extrêmement léger ;)) qui me le fait apprécier et qui marque aussi une certaine modernité. Lui aussi est finalement très représentatif de son époque, en quelque sorte ; en 1994 les marques de niche étaient rares et les parfums très spécifiquement basés sur une ou quelques matières premières comme celui-ci n’étaient pas légion.

Finalement, j’aime toujours autant les orientaux… Mais Manoa a clairement ma préférence aujourd’hui !

Nuits Indiennes

  • Marque : Jean-Louis Sherrer
  • Nez : Nathalie Feisthauer
  • Date de sortie : 1994 

Manoa

  • Marque : Memo
  • Nez : Aliénor Massenet
  • Date de sortie : 2010
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A propos Carole

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4 commentaires pour Odeurs croisées : Nuits Indiennes / Manoa

  1. Danielle Bardou dit :

    Ça donne envie d’aller sentir tout ça !!!

    Envoyé de mon iPad

    >

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  2. Laure B. dit :

    Je n’ai pas fait de quelconque rapprochement entre Nuits Indiennes et Manoa. Peut-être est-ce dû au fait que j’apprécie le premier et non le deuxième ?

    Bon dimanche parfumé !

    J'aime

  3. Ping : N° 5, l’Eau – Jasmin de peau | Olfaction(s)

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