Clair de lune au Paradis (…!)

Allez, une fois n’est pas coutume, on va parler d’un tout jeune parfum qui me plait assez*.

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Il a un nom assez gnagnan, une fois traduit en français… En anglais ça claque mieux, tout de suite : « Moonlight in Heaven« . La marque, by Kilian, est habituée des noms improbables (osez appeler un parfum « Filles sages devenues vilaines » – Good Girls Gone Bad– et on en reparle). Et j’ai un autre problème avec la marque, c’est son prix un peu hors de portée… Quand on dépasse 2 euros le millilitre, ça a tendance à me hérisser le poil, et mon esprit de contradiction a tendance à ne pas aimer, par défaut, à cause de cette surenchère… Mais bon, assumons, j’en aime quelques-uns de chers, des parfums, à commencer par certains Tom Ford, donc, parlons du jus et basta.

C’est un solaire, ce qui est à la fois assez à la mode (Tom Ford, tiens, encore lui, vient de sortir un « Soleil Blanc »…), et assez casse-gueule à mon nez.

C’est casse-gueule parce que tout le monde a l’idée et la réminiscence de la fameuse « odeur de la plage » dans le nez. Et qu’aucun parfum n’est un succédané satisfaisant, il suffit de relire les 16 pages du topic « recherche l’odeur de l’ambre solaire » sur BT pour s’en convaincre. Pourtant, j’ai lu quelque part que l’odeur de l’ambre solaire, c’était juste le salicylate de méthyle, premier filtre solaire pas super efficace mais divinement odorant, qu’on retrouve aujourd’hui dans la quasi totalité des parfums à « notes solaires »…

En fait, l’odeur de la plage c’est plus que juste l’odeur des crèmes solaires mélangées et dégradées par le soleil : il y a l’odeur des peaux, celle du sable (très ténue, je pense, mais qui doit agir comme un exhausteur), celle de la mer pas loin… Et de plus je pense que la perception sur le moment et la mémoire de l’odeur peuvent être assez différentes. Sans compter les différences de perception simplement dues au fait qu’on n’a pas tous les mêmes récepteurs olfactifs… Bref, trop de variabilité selon moi pour obtenir vraiment une odeur-reproduction de la plage. Et pas sûr que j’aurais envie de porter ça, de toute façon, pas vous ?

Du coup, l’exercice que font les parfumeurs, n’est pas tant de recréer une odeur, que de l’évoquer à travers de notes qui sont soit proches olfactivement (les fameux salicylates) soit proches symboliquement. Ainsi, pour Moonlight in Heaven, on a une jolie noix de coco assez réaliste en ouverture, qui s’assourdit ensuite pour ronronner simplement sur la peau. Pas simple de faire une noix de coco qui rappelle le lait de coco rafraîchissant à l’ouverture puis la chair sucrée sans tomber dans le trop laiteux tendance grasse, chapeau, c’est bien réussi. Les agrumes de l’ouverture, assez classiques mais bien maîtrisés, y sont pour beaucoup.

Outre la noix de coco, je sens une fleur blanche, et une vraie. Vous voyez le genre je fais style je suis innocente mais en fait pas du tout ?

13007583384_a6fcdf2e51_kC’est probablement une tubéreuse, même si elle n’est pas mentionnée dans la composition officielle (bon, elle l’est, en fait : l’emploi de l’adjectif « narcotique » dans la présentation d’un parfum annonce toujours la couleur, quand bien même la tubéreuse n’est pas avouée). Cette fleur a un effet déroutant sur moi, attractif et répulsif. J’ai bien envie d’en porter mais tous les parfums qui en contiennent me coupent littéralement l’appétit, probablement par excès de lacté. Ici l’écœurement n’est que léger, non que la tubéreuse ne soit pas très fortement présente (je la sens vraiment bien), mais que l’équilibre des autres notes, un peu fruitées, assez douces au fond, aide à faire passer. Et c’est cool de trouver une tubéreuse jolie et « narcotique », 😀 quand même, mais portable !

Il y a un fonds bizarrement assez vert. Ça surprend, quand la plupart des solaires finissent par se vautrer dans l’ambre parce que bon, l’ambre, le solaire, je vous fais pas un dessin. Et là non, ça fait plaisir et ça tire le parfum vers le haut à mon avis, c’est sûrement ce twist qui rend la tubéreuse pas trop lourde, justement. La pyramide annonce du vétiver, c’est en effet mon vert préféré, donc ça ne m’étonne qu’à moitié, mais il reste un peu râpeux, ce n’est pas un vétiver facile.

Bref, il me plait bien.

*Je précise que mon avis est rédigé à partir d’un échantillon reçu en parfumerie. Ce n’est pas lié à un envoi ou à une demande de la marque, bien que le parfum soit récent. C’est d’ailleurs le cas aussi de tous les précédents articles de ce blog !
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A propos Carole

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