Odeurs croisées – Fleur d’Oranger 27 et Louanges Profanes

Aujourd’hui, c’est Fleur d’oranger au programme.

J’ai eu envie de tester l’échantillon de Fleur d’Oranger 27, du Labo, comme ça… A la pulvérisation, j’ai pensé à un autre que j’avais déjà testé, alors je l’ai mis sur le poignet gauche, pour comparer : il s’agit de Louanges Profanes de Parfumerie Générale.

C’est fou comme on tilte sur des similitudes quelquefois… Si le propos des deux parfums, la fleur d’oranger donc, se ressemble, au final ces deux-là se démarquent assez clairement l’un de l’autre.

Fleur d’Oranger 27 me fait penser aux produits pour bébé parfumés de la marque Mustela.

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La fleur d’oranger est assez présente dans les produits bébé, mais Mustela a réussi à trouver une signature particulière qui rend les mamans dingues : celles qui commencent avec ces produits en changent assez rarement, ai-je pu constater dans mon entourage. Pour ma part, je trouve l’odeur un peu « lourde », peut-être un peu intense pour un bébé, même si pas désagréable dans le fond. Il y a aussi pas mal de muscs blancs. Cette odeur très typée « bébé » est tout de même rendue un peu plus pointue, un peu plus amère, par la présence de néroli, dans Fleur d’Oranger 27. Quelque part, on est dans le même thème, puisque le néroli et fleur d’oranger viennent de la même matière première : les fleurs du bigaradier ou oranger amer. Lorsqu’on distille ces fleurs, on obtient, au dessus, l’huile essentielle qui est le néroli, et au dessous l’eau de fleurs d’orangers qui, suite à retraitement, donne l’absolue de fleurs d’oranger. Donc, quelque part, ces deux matières premières devraient bien se compléter, puisque finalement en utilisant l’un et l’autre on récupère la quasi totalité du parfum de la fleur. Mais dans ce parfum en particulier, il y a justement une petite dissonnance entre néroli et fleur d’oranger à mon nez, le mariage n’est pas parfaitement fondu… Étrange. Peut-être parce que mentalement je dissocie la fleur d’oranger un peu douce, typée « Mustela », donc, du néroli plus « adulte ».

Louanges Profanes est d’un autre type. Je ne sens pas ou peu de néroli dans celui-ci, mais un aspect un peu gourmand, en fait plutôt baumé que vanillé, pour être exacte. La fleur d’oranger y est plus entourée, et davantage fondue avec les autres notes.

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En tête, quelques instants, la note « anthranylate de méthyle » est très présente et un peu désagréable (ça y est, je me mets à parler comme un étudiant de l’ISIPCA. Mince). C’est une note qui est médicamenteuse, elle est présente naturellement dans la fleur d’oranger, mais toute seule, elle se rapproche de l’odeur du Locabiotal. Pour ceux qui ne connaissent pas ce médicament, c’est la facette « fruitée piquante » de la fleur d’oranger, assez amère, assez « pointue » (elle agresse le nez mais repart vite).

Il me semble que ce parfum est très dosé en benjoin, et illustre bien la différence entre le benjoin et la vanille : plus complexe, plus résineux, et finalement plus « chaud » à mon nez que la vanille, ce benjoin entoure la fleur d’oranger d’un cocon de douceur. Et on ne sombre jamais dans l’alimentaire car le parfum possède aussi un caractère fumé, très original en fusion avec une fleur d’oranger qu’on imagine fraîche au premier abord. J’ai du mal à sentir l’encens indiqué dans la composition ; assurément, ce n’est pas un encens d’église, mais il y a un petit quelque chose qui rafraîchit légèrement le benjoin, et je crois que c’est ça.

 Fleur d’Oranger 27

  • Marque : Le Labo
  • Nez : Françoise Caron
  • Date de sortie : 2006

Louanges Profanes

  • Marque : Parfumerie Générale
  • Nez : Pierre Guillaume
  • Date de sortie : 2008
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A propos Carole

Blogueuse Olfaction(s)
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3 commentaires pour Odeurs croisées – Fleur d’Oranger 27 et Louanges Profanes

  1. Axelle dit :

    Belle description !

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  2. Isabelle dit :

    Je ne porte que très rarement de la fdo, c’est une note que je trouve, selon les parfums, beaucoup trop régressive (surtout lorsqu’elle est associée aux muscs, l’effet bébé, ou à la vanille, l’effet pâte à crêpes) ou trop médicamenteuse (l’effet Locabiotal), autant dire que j’évite 90% des parfums à la fdo. A dire vrai je ne la supporte sur moi que lorsqu’elle est entourée d’autres agrumes plus acides.
    Mais j’aime bien la sentir quand même …
    Du coup, j’en profite en parfum d’intérieur : très précisément le Neroli de Phaedon, un poil Locabiotal en tête mais qui tend plus vers le gateau sans sucre, assez réussi je trouve, notamment pour recouvrir l’odeur de la caisse du chat (niark niark niark)

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