Apologie du soufre – Let Me Play The Lion !

J’aime les odeurs soufrées. Folle que je suis !

Vous allez me dire, c’est quoi les odeurs soufrées ? Voici ce que je mets là dedans :

  • En premier lieu, certaines odeurs issues du monde de la chimie, comme l’H2S (œufs pourris – si vous n’avez pas d’œufs pourris sous la main, vous pouvez sentir la coquille d’œuf non pourrie, c’est beaucoup, beaucoup moins fort, mais c’est la même odeur…)
  • Ensuite, des odeurs de cuisine : l’ail, surtout, mais aussi l’oignon, ont des odeurs soufrées.
  • Enfin, certaines odeurs brûlées ont aussi un côté soufré : ainsi, le café qui caramélise dans la cafetière, ou les brûleries de café, c’est très soufré aussi !

Dans tous les cas, ce sont des odeurs qui « prennent au nez » (voire à la gorge, quand ça arrache vraiment !) mais ne restent pas, contrairement aux odeurs pyrazinées, ou brûlées, qui montent en puissance et ne vous lâchent plus…

Les deux derniers points sont à mon nez plutôt des odeurs agréables. Ceci dit, je ne les imaginais pas trop dans les parfums, jusqu’à ce que je croise la route d’un parfum étonnant, renversant même : Let Me Play The Lion de la marque Les Nez.

Le nom de ce parfum est issu d’une strophe de Hamlet « Let me play the Lion, let me roar… » (Laisse moi faire le lion, laisse moi rugir…)

Pour ma part, il me propulse, même en plein hiver, au fond de la savane, dans l’univers du Lion de Kessel. Je suis la petite fille qui se tient sans peur à côté du grand lion, dans les herbes hautes brûlées par le soleil. Ce sont surtout ces herbes que je sens, celles qui craquent quand on marche dessus. L’odeur est donc soufrée, et quasi minérale, la plus belle impression de sécheresse que j’ai jamais sentie. Puis elle se rapproche du corps, se baume et se musque, et le lion est un peu là, pas trop fauve, plutôt cuir ambré, la couleur de sa peau…

?????????????Image du blog lirecestpartir à propos justement, du Lion de Kessel… (avec des citations dedans)

Elle s’allongea au pied de l’épineux.

– Comme on est bien, soupira-t-elle. Comme ça sent bon.

Je ne savais pas si elle entendait pas là le parfum un peu desseché et un peu âpre et comme piquant de la brousse ou l’odeur, insaisissable pour moi, que le grand lion avait laissée dans l’herbe.

– Oui, on est vraiment bien, murmura Patricia.

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A propos Carole

Blogueuse Olfaction(s)
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2 commentaires pour Apologie du soufre – Let Me Play The Lion !

  1. Inthemood dit :

    Très jolie description ! Et en plus j’adore ce livre, le lion de kessel… Ça me donne envie de tester a nouveau ce parfum, celui ci ne m’avait pas touchée plus que ça la fois ou je l’avais testé…
    Peut être devrais-je renouveler l’essai !
    Merci pour tes jolis articles.

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  2. Ping : Le « Champ des odeurs  | «Olfaction(s)

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