Jeu avec les matières premières – Iris Silver Grey ?

Voici la narration de ma première tentative de « toutouillage » avec des parfums et des matières premières. Je n’ose dire composition, ni création, ça reste fort basique…
(en fait, ce n’est pas la toute première : comme je l’expliquais sur mon post de la vanille parfaite, j’ai déjà mélangé dans un décant Vanille & Cèdre et Musk, tous deux de Kiehl’s, pour un résultat plutôt sympa…)

Amis puristes, vous qui ne supportez pas les gens qui s’amusent à mélanger, à désacraliser les parfums, passez votre chemin, vous risquez la crise cardiaque 😀

Toujours avec moi ? Allons-y gaiement et attaquons-nous directement à un monument de la parfumerie… Voire deux.
D’un côté, Iris Gris, parfum défunt depuis longtemps et légende de la parfumerie, senti une seule fois à l’osmothèque de Versailles, qui m’a ravie;
De l’autre, Iris Silver Mist, toujours en vente, lui, un magistral solinote (iris, vous l’aurez deviné) de Lutens, mais qui me laisse de glace… Faut dire que l’iris tout seul, ça sent quand même pas mal la carotte… Et c’est vraiment très froid comme parfum. Glacial.

Iris Gris, si j’en crois le très documenté auparfum, c’est surtout un très bel iris naturel (plus de 30% dans la formule, une hérésie en termes de budget) associé à une note « pêche » de synthèse, que j’imagine être la fameuse undécalactone ou C14 pour le petit nom. Il y a probablement bien d’autres choses pour construire le mythe : si j’en crois galbanum, qui en connait un rayon sur la question, les parfums à cette époque étaient composés à partir de bases parfumées, et non à partir d’ingrédients plus ou moins unitaires comme c’est le cas maintenant. 

Ca tombe bien, de la C14, j’en ai un peu… Par contre, de l’absolue d’iris, non. C’est pas grave, j’ai un décant d’Iris Silver Mist que de toute façon, je ne mettrai jamais… Vous me suivez ? 😉 Pour justifier mon hérésie à venir, je dirai pour ma défense que le mélange a été d’abord testé sur mouillette, lors d’une séance de sniffage de matières premières en bonne compagnie. Et ça m’a plu. Vraiment.

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Comment faire pour reconstituer une odeur proche ? On va appliquer une méthode simple, puisqu’on n’est pas pressés… Goutte par goutte j’ajouterai de la C14 (pure) à ISM… C’est parti pour cinquante nuances d’Iris Silver Grey ! (vous l’attendiez un peu, non ?)

Enfin, ça, c’est la théorie… Dans la pratique, 2 gouttes et demi sont tombées avant que j’arrive à contrôler le débit ! Et un peu autour du décant. Résultat, la C14 imprègne mon salon pendant quelques jours, l’occasion de vous parler un peu plus de cette odeur. Alors la C14, de la pêche, vraiment ? Bof.

Prenez une pêche, enlevez-lui tout son juteux, son croquant, son côté un peu acide, presque agrume, au démarrage. Vous obtenez une odeur très ténue, légère, un peu comme les arômes pêche des yahourts ou des boissons chimiques type Nestea, le côté sucré en moins. Vous imaginez cette odeur-là ? OK. Maintenant, ajoutez-y de la rondeur, de l’épaisseur, un peu comme la pêche qui est trop mûre et farineuse, qui aspire toute votre salive (celle-ci n’a plus trop de goût en général). Enrobez-moi tout ça, dans un côté lacté assez profond. Voilà la C14. C’est un peu écoeurant, on comprend l’arôme sans retrouver le fruit, mais c’est dense, très dense. Et bizarre, aussi, parce qu’appelé « pêche » de façon complètement hors contexte, finalement, du fruit.

Dans mon décant d’Iris Silver Mist, même 2 gouttes et demi seulement dans 4 ml, c’est objectivement un (gros) ratage. L’équilibre n’est pas en cause : les notes C14 et « gros iris qui tâche » sont à peu près équivalentes en termes d’intensité, on sent bien l’une et l’autre (bien que la C14 soit légèrement proéminente malgré sa faible proportion – bon, elle était pure à la base). Non, ce qui est raté, c’est que les notes se cotoient sans se fondre. Il manque du liant…

Au moins, j’aurai approfondi mon analyse d’une matière première. C’est toujours ça de gagné 🙂

 Pour aller plus loin :

  • Un article de Grain de Musc découvert après l’écriture de cet article…
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A propos Carole

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Un commentaire pour Jeu avec les matières premières – Iris Silver Grey ?

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