Lecture : Esprit de synthèse

esprit-de-syntheseRéférences bibliographiques :

  • Auteur : Lionel Paillès
  • Année de parution : 2013
  • 10€ (en voilà un qui ne va pas vous coûter cher)                                                                                                                                                                     

Voici un bouquin qui prend le contre-pied de beaucoup d’a priori sur les odeurs. D’un point de vue très simple : il exprime toute la richesse qu’on peut trouver dans des odeurs pourtant simples (en tout cas unitaires, c’est-à-dire, une seule forme de molécule à sentir).

L’avis du « profane » vis-à-vis des molécules de synthèse est en général, qu’elle a forcément une odeur linéaire, pauvre, limitée. Avis probablement forgé, du moins en partie, par l’idée que « la chimie c’est mal », ça donne des cancers, c’est l’industrie lourde, etc (bel exemple d’amalgame entre la science et l’industrie, mais ceci nous éloigne du sujet… Si néanmoins vous avez 15 minutes à consacrer à la question, je ne saurais que trop vous conseiller le blog des ernest, et notamment le sujet sur la chimie du maquillage égyptien)

Hors, les molécules de synthèse nous offrent au contraire une palette d’évocations très riche. Pourquoi ? C’est simple. Si vous trouvez une même molécule dans plusieurs odeurs naturelles (ou quelque chose qui y ressemble, olfactivement parlant), cette même molécule va vous « parler » de plein de choses différentes. C’est bizarre, mais on l’observe dès qu’on sent en groupe ce genre de matériaux.

Un exemple : l’IBQ (iso-butyl-quinoléine, si vous tenez au nom scientifique). C’est un truc qui sent : le cuir, le goudron, la fumée, le sous-bois, une note « verte », mais pas que. Certains y sentent de l’artichaut. D’autres des petits pois. Probablement, tous ont raison ; si on fait une chromatographie en phase gazeuse de ces différents matériaux, on y trouvera peut-être de l’IBQ ?

Donc, le bouquin prend une vingtaine d’odeurs de molécules, les dissèque, explique ce qu’elles évoquent et en fait quasiment une petite nouvelle à chaque fois ! Un peu comme dans le Parfums de Claudel, un peu plus bref, un peu moins poétique, mais à peine.

Un regret, simplement : que le livre ne soit pas accompagné des petites fioles des molécules en question. J’avais de la chance, j’en avais certaines, j’ai pu confronter mes ressentis. Mais je suis super frustrée pour celles que je n’avais pas !

(Un grand merci au site parfumista qui m’a permis de découvrir ce livre par le biais d’un concours)

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A propos Carole

Blogueuse Olfaction(s)
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5 commentaires pour Lecture : Esprit de synthèse

  1. Isabelle dit :

    Excellent site que celui de l’ENS, en effet !
    L’a priori « la chimie c’est mal » est en général accompagné de son image en miroir « le naturel c’est bien », sur lequel il y aurait bien des choses à redire …
    Bref, ton livre a l’air bien intéressant, je vais tâcher de le trouver ! (pour les fioles, ce sera plus compliqué, je le crains)

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  2. cymoril dit :

    Hop, sur ma liste! merci 🙂

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  3. nounousandra dit :

    c’est vrai ça, personne n’a eut l’idée d’accompagner un livre avec des fioles qui reprendraient les odeurs au fur et a mesure de la lecture !!! j’avais vu un film comme cela à la télé, on devait gratter des petites cases, à certains moments du film

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  4. Ping : [Matières premières ] Dihydromyrcénol, Karanal et leurs amis | Olfaction(s)

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